Un air sous haute surveillance

Le pôle Applications Spéciales de Cesbron a livré à l’Écotron de Montpellier seize centrales de traitement d’air (CTA) de classe 2 (norme ISO 10648-2:1994).

Ce niveau de confinement garantit que les mesures de CO2, réalisées à l’entrée et à la sortie des CTA, correspondant à l’activité photosynthétique du couvert végétal étudié, ne soient pas faussées. Une fois le prototype testé et validé, une série de quinze CTA a été fabriquée.

Associées à seize enceintes transparentes à la lumière naturelle (mésocosmes), ces CTA permettent d’imposer des conditions climatiques à des écosystèmes terrestres, contenus dans un volume de sol de 1m3. “La mission de l’Écotron est de fournir à la communauté scientifique (consortiums nationaux et internationaux de chercheurs en écologie, en agroenvironnement…) des dispositifs expérimentaux, technologiquement avancés et originaux, afin de faire progresser la connaissance du fonctionnement des écosystèmes, décrit Olivier Ravel, directeur technique de l’Écotron. Ils utilisent nos enceintes climatiques pour mener leurs expériences, à partir de protocoles qu’ils ont établis, avec leurs écosystèmes, leurs plantes, parfois des insectes…”.

Le conditionnement climatique dans les mésocosmes repose sur trois paramètres prépondérants : la température, le taux d’humidité et la teneur en CO2. Afin de simuler une large gamme de scénarios climatiques, le cahier des charges des CTA imposait de pouvoir varier la température de -10 °C à +40 °C et l’hygrométrie de 10 % HR à 80 % HR. Un système de décarbonatation de l’air (900 m3/h) permet de recréer des atmosphères avec une teneur en CO2 antérieure à l’ère préindustrielle (< 200 ppm) à aujourd’hui (410 ppm), voire au-delà. Une fois décarbonaté, cet air est injecté dans la CTA qui le brasse, le traite thermiquement et l’envoie sur les végétaux étudiés. Pour répondre aux contraintes thermiques, le caisson devait aussi accueillir des batteries d’eau chaude et d’eau froide, un circuit à détente directe permettant d’atteindre des températures négatives et un système de brumisation. Enfin, la supervision des CTA est interconnectée avec celle des équipements déjà existants afin de garantir l’homogénéité des systèmes de pilotage.